jeudi, janvier 20, 2011

Quand la dette devient un outil politique

Ces derniers temps, on parle beaucoup de dette publique, soit-elle fédérale, cantonale ou communale.

La majorité de gauche est ainsi souvent attaquée à Lausanne, sous prétexte qu'elle ne saurait pas gérer les deniers publics, accroissant sans cesse cette fameuse dette (cela même si, comme l'annonce Daniel Brélaz, elle est désormais stabilisée, voire même en légère réduction) au grand dam des générations futures...

Sous la coupole fédérale, voilà plusieurs années que les ministres des finances présentent systématiquement des budgets catastrophiques, montrant de fortes pertes pour la Confédération, et nécessitant d'importantes mesures d'économies. Peu importe si ces budgets accouchent au final de comptes très largement excédentaires ( 2,9 milliards de francs en 2009, 3 milliards en 2010), il faut continuer à couper dans les dépenses...

Ce même scénario a été joué bien des fois ces dernières années dans le canton de Vaud. Jusqu'à il y a peu en effet ,malgré une santé financière retrouvée, il fallait continuer à se serrer la ceinture. Le budget 2011 a certes fait la part belle aux investissements, mais rien n'indique que cette tendance va se poursuivre...

Or, la dette publique, est-ce si horrible que ça ?

Si on en croit les partis de droite, l'endettement public est le mal absolu, qu'il faut à tout prix éviter ! Or, derrière cette opposition dogmatique à l'endettement, il y a bien souvent une volonté délibérée de réduire le rôle et les attributions de l'Etat, pour le remplacer par l'économie privée.

On oublie cependant parfois un peu vite qu'une collectivité publique, quelle que soit sa taille, n'est pas une entreprise, et n'a pas pour vocation de dégager un bénéfice, mais plutôt de garantir le bien-être à ses administré-e-s. Pour y parvenir, elle doit parfois emprunter de l'argent, et investir sur le long terme, dans des secteurs souvent jugés non-rentables par l'économie privée.

Cela ne veut pas dire que l'endettement public est quelque chose d'intrinsèquement positif, mais tant que la dette ne s'autoalimente pas à cause d'intérêts trop élevés, et que l'argent emprunté sert à accroître le bien-être commun, il n'y a pas lieu de s'inquiêter !

Notre pays va être confronté à des défis gigantesques ces prochaines années, notamment en matière d'approvisionnement énergétique ou de redirection vers une économie plus respectueuse de l'environnement et moins dépendante des énergies fossiles. Tout cela va avoir un coût,  et il est fort probable que les collectivités publiques devront s'endetter pour mener à bien des politiques ambitieuses et  tournées vers l'avenir. Gageons cependant que les bénéfices que nous en tirerons en vaudront très largement la chandèle !

 

mercredi, janvier 05, 2011

Quand le manque d'arguments pousse à dire n'importe quoi...

Dans un peu plus d'un mois, le 13 février prochain, les électeurs et électrices suisses seront appelé-e-s à s'exprimer sur l'initiative Pour  la protection face à la violence des armes, dont le but est de rendre obligatoire le dépôt des amres de service à l'arsenal, de créer un registre central des armes à feu, et de mieux réglementer l'achat et l'utilisation d'armes à feu.

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La campagne bat son plein, et partisan-ne-s et opposant-e-s de l'initiative ont présenté leurs arguments principaux.

La déclaration d'Ueli Maurer, selon lequel les femmes seraient plutôt favorables à l'initiative puisqu'elles ne sont pas habituées à manier des armes, a fait couler pas mal d'encre et de salive, et est  à mon sens un très bon exemple du manque flagrant d'arguments des opposant-e-s...

En effet, si d'un côté on évoque des chiffres, qui montrent par exemple que la Suisse est le pays d'Europe détenant le triste record du plus haut taux de suicides par armes à feu (le triple de la moyenne européenne selon le Bulletin des Médecins Suisses), en face on se limite à bredouiller que l'initiative ne s'attaque pas au problème du trafic d'armes (ce qui est vrai, tout comme elle ne cherche pas à résoudre le problème de la faim dans le Monde, ou à instaurer un salaire minimum) et qu'elle serait contraire aux valeurs suisses...

Si, en faisant preuve d'un chouia de mauvaise foi on peut prétendre avoir ab-so-lu-ment besoin de son gros 4x4 pour se déplacer en hiver, ou que les riches contribuables étrangers fuiraient en masse le canton de Vaud en cas de suppression des forfaits fiscaux, affirmer que garder son fass90 à la cave est une valeur, ou que l'initiative profite à la criminalité étrangère (voir la sympathique affiche ci-dessus) c'est quand même un peu fort !

Bref, espérons que les électeurs et électrices soient plus sensibles aux arguments rationnels qu'à quelques formules creuses et pseudo-émotionnelles, et qu'ils se rendent compte que non, même en cas de refus de l'initiative, ils ne pourront pas se défendre de méchants criminels à coups de carabine...