mardi, février 01, 2011

Référendum contre les PC Familles: le prix de l'égoïsme

Les médias nous apprennent ce soir que le comité référendaire "Non à un impôt sur le travail", composé de membres du centre patronal et des partis bourgeois, a réuni les signatures nécessaires pour faire voter les vaudois-es sur les PC familles et les rentes-pont AVS, des mesures approuvées il y a quelques semaines par le Grand Conseil vaudois afin de lutter contre le phénomène des "working poors" et la précarisation des chômeurs proches de la retraite.

Pour rappel, les "prestations complémentaires" (PC) familles sont une aide pour les familles pauvres avec un revenu salarial, qu'elles doivent compléter  jusqu'au seuil des besoins vitaux(qui sont calculés d'après le barème des prestations complémentaires AVS/AI).

Les rentes-pont AVS s'adressent quant à elles aux chômeurs et chômeuses proches de l'âge de la retraite (62 ans pour les femmes, 63 ans pour les hommes), et dont les chances de retrouver un emploi sont très faibles. Avec cette aide, ces personnes pourraient atteindre l'âge de la retraite sans épuiser leur deuxième pilier.

Avec ces deux mesures, plusieurs centaines de ménages vaudois pourraient sortir de l'assistance à laquelle ils doivent faire recours aujourd'hui. Cela a bien sûr un coût, estimé à un peu plus de 26 millions de francs, qui seraient pris en charge à 60% par le canton et les communes, et à 40% par une cotisation de 0,06% payée par les employeurs, les indépendants et les salariés. Pour un salaire de 5000 francs, cela représente 3 francs, soit un peu moins que le prix d'un café dans un bistrot...

Ce qui me semble gênant dans cette affaire, ce n'est pas que le référendum ait abouti - les vaudois-es ont le droit de s'exprimer sur ce sujet - mais la manière dont ont été récoltées en bonne partie les 17'000 signatures annoncées par le comité référendaire.

Près de 600'000 formulaires de signatures ont en effet été diffusés, principalement à-travers des courriers et par encartage dans la presse. Ce sont donc plusieurs dizaines de milliers de francs qui ont été dépensés dans cette première phase de récolte de signatures.

Si on ajoute à cela l'argent qui sera dépensé lors de la campagne précédant la votation, on est certes loin du 40% de 26 millions, mais cela représente tout de même une somme importante.

Et c'est surtout le message véhiculé qui me semble détestable. On a en effet dépensé beaucoup d'argent pour chercher à éviter de se montrer solidaires, et de partager avec qui en a le plus besoin... Il faudra maintenant expliquer à celles et ceux qui malgré tous leurs efforts n'arrivent pas à boucler leurs fins de mois que pour éviter qu'on leur donne un petit coup de pousse, on a dépensé des sommes importantes et deployé des moyens considérables...

Niveau cohésion sociale, peut décidément mieux faire !

Commentaires

Mais qui est vraiment égoïste ?

Celui qui se lève chaque matin pour aller bosser. Qui bosse 8 heures par jour pour nourrir sa famille et à qui on prélève plus de 15 % du salaire au titre de charges sociales et qui, après une nouvelle hausse cette année (0.2) devrait encore passer à la caisse ? Ou Madame, à qui on va verser des PC mais qui, s'elle augmentait son temps de travail, se les verrait refuser ?

Quant aux frais engagés dans la récolte de signature, ils sont également du au fait que ces PC ont été acceptées à fin décembre et que le délai référendaire courrait sur les fêtes de fin d'année (histoire de rendre un peu plus difficile la récolte) !

Et vous avez encore de la chance que des gens comme moi, travaillant sur VD mais habitant un autre canton (je ne ferais que payer sans avoir - éventuellement - droit à ces PC) n'aient pas pu signer ce référendum, car ce ne sont pas 17000 signataires qu'il y aurait eu, mais beaucoup plus.

Ecrit par : Pascal D. | mardi, février 01, 2011

Dans la mesure où, manifestement, vous ne pouvez pas comprendre qu'il s'agit de combattre un principe, celui DE nouveaux impôts sur le travail, je le précise à l'intention de ceux qui passeront par ici.

Ecrit par : Scipion | mardi, février 01, 2011

M. Mocchi, pourquoi ne pas proposer ce genre de contribution sur une base volontaire? Disons qu'un tiers de la population soit en faveur de ce transfer des gens qui travaillent vers ceux qui ne travaillent pas.

Ceux-là, et seulement ceux-là, verraient leur salaire grevé d'une contribution de 0,18% (trois fois 0,06%, soit à peine trois cafés par jour, n'est-ce-pas) ou peut-être un peu plus, puisque les 60% couverts par le canton et les communes viennent des mêmes poches de contribuables. Bof, café et quelques croissants, tout au plus!

Ceux qui sont contre ce transfert ne paierait rien.

Opération transparente, tout le monde est content. Non?

M'est avis que si on remplaçait les bulletins de vote par des bulletins de versement (ce qui revient un peu au même pour beaucoup de projets, hein) alors on verrait la véritable popularité de la politique de gauche.

Ecrit par : Stéphane Montabert | mardi, février 01, 2011

"...Ou Madame, à qui on va verser des PC mais qui, s'elle augmentait son temps de travail, se les verrait refuser ?"
Qu'insinuez vous par là ?
Qu'une femme, ou un homme, qui baisse son %age de travail afin de s'occuper de ces enfants n'a pas le droit à la même considération que quelqu'un qui, comme vous, "se lève chaque matin pour aller bosser". Pourtant, celui-ci, ou celle-ci, rend un fier service à la société, il doit pouvoir, si ses revenus ne sont pas suffisants, bénéficier d'un subside pour l'encourager et l'aider à éduquer ses enfants, leur donner à manger etc...
Dans quel pays vivez-vous ? Croyez vous qu'il est facile aijourd'hui en Suisse de faire garder ces enfants ? Que c'est gratuit ? Croyez-vous que travailler, même à 100% met à l'abri de la pauvreté ?
Dans quelle société voulez vous vivre ? Une société du chacun pour soi, ou les droits et les devoirs sont définis en fonction des revenus, du pouvoir qu'il confère. Croyez-vous que travailler à 100% vous libère de votre devoir de solidarité, devoir humain.

Ecrit par : jeff | mercredi, février 02, 2011

Oui, elle a droit à la même considération. Là, n'est pas la question.

la question est qu'une personne travaillant à %age réduit (par choix, par pour garder ses enfants) ne verrait aucune raison d'augmenter son taux d'activité pour améliorer son ordinaire, vu que si elle l'augmente, elle perd ces PC. Donc, plutôt que d'aider les gens à (re)trouver du travail, on préfère leur verser un peu d'argent pour ne rien faire. Si j'avais une mentalité d'assisté, sûr que ça me conviendrait.

"Croyez vous qu'il est facile aijourd'hui en Suisse de faire garder ces enfants ? Que c'est gratuit ? "

Oh que non, je le sais trop bien. Encore plus vivant à la campagne.

"Croyez-vous que travailler à 100% vous libère de votre devoir de solidarité, devoir humain."

Non, mais chaque année, je vois mon augmentation nominale de salaire compensée (voire même gommée !) par une augmentation des charges. On paie des impôts et des charges sociales au titre de la solidarité. Qu'on les utilise à bon escient avant de vouloir pomper toujours plus les travailleurs.

Ecrit par : Pascal D. | mercredi, février 02, 2011

Payer un café par mois, soit 3.- pour un salaire de 5000.-, ne me pose aucun problème pour aider des parents qui rencontrent des difficultés. Actuellement, je n'ai pas de soucis mais je ne suis pas à l'abri d'un licenciement et élevant seule mon fils , j'apprécierais en payant 3.- par mois de pouvoir être momentanément aidée si par malheur, je devais me trouver dans une situation difficile.

Ecrit par : Berseth | mercredi, février 09, 2011

Je suis d'accord avec le commentaire ci-dessus, l'Internet est un doute de plus en plus dans le milieu le plus important de la communication à travers le monde et sa raison à des sites comme celui-ci que les idées se répandent si vite.

Ecrit par : bestech park view ananda | mardi, mars 27, 2012

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