samedi, février 26, 2011

Les caméras de surveillance, une fausse bonne idée ?

 

sur-cam.jpg

 

 

Le Conseil Communal de Renens a décidé jeudi soir de rejeter l'initiative Libérale-Radicale visant à installer des caméras de surveillance dans le secteur de la gare. Ce sera donc aux habitant-e-s de la quatrième ville du canton de se prononcer, dans un délai de six mois, sur ce sujet délicat.

"Des caméras de surveillance, en voilà une bonne idée !" est-on tentés de se dire à prime abord, en analysant de manière superficielle le sujet... En effet, en gravant une trace de tout ce qui s'est passé dans un endroit donné, celles-ci sont sensées permettre de reconnaître facilement les auteur-e-s d'un éventuel délit ou d'une déprédatio

n, voire même de les dissuader de passer à l'acte. Elles sont par ailleurs discrètes, et comme les images ne sont en théorie consultées qu'en cas de problèmes, elles ne menacent pas la vie privée des honnêtes citoyen-ne-s...

Or dans les faits, plusieurs études (voir par exemple " Assessing the impact of CCTV" de Martin Gill et Angela Spriggs http://rds.homeoffice.gov.uk/rds/pdfs05/hors292.pdf )  ont montré que l'effet dissuasif des caméras de surveillance est quasiment nul, et qu'elles peuvent même avoir parfois l'effet inverse. En effet, les activités délictueuses qui devraient être combattues ne font généralement que s'adapter à la présence de caméras, par exemple en se déplaçant légèrement ou en profitant d'angles morts. Les actes de vandalisme augmenteraient même dans certains cas, des personnes en mal d'émotions fortes, capuchon ou pull remonté sur le visage,  s'amusant à provoquer les autorités en dégradant le mobilier urbain "protégé" par les caméras de surveillance.

Au delà du peu d'efficacité de cet outil, le problème principal se situe à mon sens dans la philosophie même qu'il véhicule.

Personne ne conteste l'existence d'un sentiment grandissant d'insécurité parmi certaines franges de la population, mais installer quelques boîtiers dans des endroits jugés "sensibles" n'est en aucun cas une solution à ce problème !

Les caméras de surveillance visent en effet  avant tout à découvrir l'auteur-e d'un crime ou d'un acte de vandalisme, une fois celui-ci commis. Or, comme le dicton populaire le dit si bien, "il vaut mieux prévenir que guérir", et éviter, par le dialogue, une politique de la jeunesse ambitieuse et une présence policière renforcée, que les délits ne soient commis !

On aura beau dire que ce sont là des sornettes d'idéalistes de gauche, des exemples concrets, comme celui du secteur de la Gare de Renens, illustrent parfaitement la plus grande efficacité de ce type de mesures :

Des actes de vandalisme et des petits larcins avaient été commis de manière répétée aux alentours de la gare, poussant un parti Libéral Radical soucieux de couper l'herbe sous les pieds  de l'UDC à lancer cette fameuse initiative pour les caméras de surveillance. Or, entre temps, suite à une politique volontariste de la Municipalité et des CFF, la présence policière dans le secteur a été renforcée, des "parrains" et "marraines" ont été engagé-e-s dans le but d'augmenter le sentiment de sécurité des usagers-ères de la gare, et diverses actions de dialogue et de prévention ont été menées auprès de groupes de jeunes accusés d'être à l'origine de l'insécurité perçue dans le secteur. Résultat : le secteur est aujourd'hui tranquille, et le nombre d'actes de vandalisme y a fortement diminué ( le rapport de la police de l'Ouest Lausannois à ce propos est très parlant : http://www.polweb.ch/pics/commun/cms/externLink/1361_rappactivPMRenens_2009_2010.pdf ). Des caméras de surveillance posées dans les alentours se révèleraient donc aujourd'hui inutiles, voire contreproductives...

Les caméras de surveillance n'ont donc rien d'une solution miracle, et ne devraient être utilisées qu'en dernier recours, si toutes les mesures préconisées ci-dessus venaient à échouer !

 

 

 

 

 

Commentaires

Je ne sais pas si les caméras sont une fausse bonne idée. Néanmoins, quand il y a un événement particulier qui est filmé, ça aide. Il n'est pas rare, qu'après un méfait, il soit bien plus aisé de l'identifier l'auteur. Pour ce dernier il est par la suite en mauvaise posture pour le nier.

Les témoignage de personnes sont rarement fiable et en plus, avec le temps, le plus souvent ils ne valent plus grand chose. Un fait divers tragique actuel nous montre à quel point des témoignages peuvent polluer une enquête.

Je partage quand même une partie de votre analyse, il faut pas mettre le pays entier sous surveillance vidéo.

Concernant la gare de Renens, contrairement vos affirmations, la camera à jour un rôle non négligeable. Mon expérience personnelles depuis plus de 30 ans montre qu'il faut neutraliser le ou les meneurs pour calmer les autres. Cela dure le temps qu'un autres meneurs se découvre. Ensuite cela recommence. Cela a été le cas à Renens et cela le sera encore le cas. Maintenir le dialogue et connaitre le terrain et les gens est aussi important et cela permet d'être plus réactif.

Ecrit par : cali | dimanche, février 27, 2011

C'est dommage que le Conseil Communal aie rejeté cette proposition du centre droite d'installer des caméras de surveillance à des endroits sensibles, comme la gare de Renens. Afin de prévenir lorsque il se passe des incivilités, des actes de vandalisme ou de petits larcins commis souvent par des personnes cagoulées.

Il aurait peut-être fallu avoir la fausse bonne idée de transmettre la proposition à la gauche et qu'elle soit présentée par eux et elle aurait passé la rampe...

Ecrit par : Chappuis Jean-François | lundi, février 28, 2011

M. Chappuis : Si les délits sont commis par des personnes cagoulées, les caméras de surveillance n'aident pas vraiment à découvrir de qui il s'agit, surtout si elles tournent à circuit fermé...
La majorité du Conseil Communal de Renens est effectivement à gauche, tout comme celle d'autres villes vaudoises est à droite... Je ne comprends pas exactement où vous voulez en venir...

Ecrit par : Alberto Mocchi | mardi, mars 01, 2011

Monsieur Alberto Mocchi,

A la gare de Renens il y a des cameras vidéo qui ne sont pas circuit fermé depuis au moins 15 ans. Elle n'ont pas étés installées par la commune de Renens mais elle sont bien là

Il est rarissime qu'une personne arrive cagoulée et commette une infraction et quitte les lieux.
Même dans ce cas de figure il est possible régulièrement possible d'identifier cette personne par l'image.

Certes le visage est dissimulé, néanmoins sa démarche le type de vêtement sont des indices déterminants dans bien des cas si via le travail de proximité des intervenant sur le terrain à été fait.

Le plus souvent, ces individus sont sur place en groupe, il discutent, plaisantent etc. Généralement ils ne pensent pas aux caméras, donc, à un moment ou à un autre le visage est visible.

Je vous l'accorde, la surveillance vidéo n'empêche pas l'infraction. Par contre il est un moyens de confondre les hauteurs et augment de manière non négligeable leur identification. C'est dans ce contexte qu'il aide à la prévention.

C'est le taux encore trop élevé d'impunité qui est le carburant de tous ces petits délits qui alimente le sentiment d'insécurité subjectif ou avéré.

Si la surveillance vidéo est si inutile en cas de délit, pourquoi les enquêteurs font systématiquement la demande de visionner les images enregistrées?

Vous avez une vision de principe, je respecte. Je suis quand même chaque fois étonné comment l'intégrisme de la pensée occulte les faits.

Ecrit par : cali | mercredi, mars 02, 2011

Bonjour,

Je ne conteste pas que les caméras de surveillance puissent parfois permettre de découvrir l'auteur-e de tel ou tel délit ou acte de vandalisme... Je conteste par contre que ce soit une solution miracle pour résoudre tous les problèmes d'insécurité (réelle ou perçue, comme voudraient le faire croire certain-e-s politicien-ne-s.
Les caméras de surveillance peuvent permettre de découvrir l'auteur-e d'un délit une fois celui-ci commis, mais ont un pouvoir dissuasif assez faible. Même si on appréhende le ou la coupable, le mal aura été fait... Je pense qu'il est plus utile de jouer sur le terrain de la prévention, afin d'éviter que ces délits ne soient commis, voilà tout.
Aux alentours de la gare de Renens, ce n'est pas avec des caméras, mais avec le dialogue et une présence policière accrue que la situation s'est améliorée.

Ecrit par : Alberto Mocchi | mercredi, mars 02, 2011

I really like this forum, I think is the most informative I've found

Ecrit par : jocuri de gatit | mercredi, mars 02, 2011

Heureux de vous instruire.

Pas parfois, très souvent.

Ecrit par : cali | mercredi, mars 02, 2011

urtout si elles tournent à circuit fermé...
La majorité du Conseil Communal de Renens est effectivement à gauche,

Ecrit par : ghd straighteners | vendredi, mars 04, 2011

Il paraît que l'Angleterre est championne toutes catégories question vidéosurveillance et que le bilan final, après plus de 15 ans de recul, est clairement en défaveur des caméras...
Rien ne remplacera jamais la présence et l'action d'un être humain concerné, formé et valorisé pour un travail de proximité et de prévention...

Ecrit par : Olegna | jeudi, mars 10, 2011

Je conteste par contre que ce soit une solution miracle pour résoudre tous les problèmes d'insécurité

Ecrit par : ugg boots kids | mardi, mars 15, 2011

Olegna,

Il vaut mieux ce renseigner avant de prendre comme exemple l'Agleterre. Effet, ce pays connait l'étude sur le sujet le plus complet jamais réalisé.

Votre raccourci et pour le moins malvenu. Bref, la camera comme je l'ai dit dan ma première réaction n'est pas la solution mais un complément a une présence indispensable sur le terrain.

Que penser d'affirmations contredite par les faits sur le terrain.

Je constate qu'à Renens la criminalité à augmenté de 14% (derniers chiffres connu). Un efforts est entrepris avec la présence sur le terrain de médiateurs. Cela va donner des fruits? Eventuellement la première années. Après le sentiment d'impunité encourage la criminalité et tout devient comme avant.

En justice, en cas de témoignage de police ou autre, c'est très peu fiable.

Ecrit par : pensif | dimanche, avril 03, 2011

Écrire un commentaire