mercredi, mai 04, 2011
Quelques arguments en faveur d'un salaire minimum
Dans une dizaine de jours, les électeurs et électrices vaudois-es seront appelé-e-s à s'exprimer entre autres sur le principe de salaire minimum.
Alors que la campagne fait rage autour des PC-Familles, ce sujet, pourtant très important, n'a pas beaucoup fait parler de lui.
A travers ces quelques lignes, je vais essayer de présenter quelques arguments qui me font pencher en faveur de l'introduction d'un salaire minimum dans le canton de Vaud.
Dans notre canton, plusieurs milliers de familles n'arrivent pas aujourd'hui à vivre dignement de leur travail. On estime ainsi que 25% des familles monoparentales sont considérées comme "travailleurs pauvres". Il ne s'agit pas de personnes au chômage, ou n'exerçant aucune activité, mais bien de travailleurs et travailleuses qui malgré leur emploi, ne gagnent pas assez pour subvenir sans problèmes à leurs besoins.
En effet, dans plusieurs domaines d'activité, comme le commerce de détail ou les emplois domestiques, il n'existe pas de convention collective fixant des minimums salariaux, et bien des personnes qui travaillent pourtant à plein temps gagnent des montants extrêmement bas, qui rendent la vie difficile, notamment pour qui a une famille à charge. Ainsi, le salaire médian à plein temps dans le secteur des services personnels est de 3350 francs par mois, et celui dans l'hôtellerie-restauration de 3700 francs. Cela signifie que la moitié des travailleurs et travailleuses de ces branches gagnent moins que les sommes indiquées ci-dessus !
L'instauration d'un salaire minimum permettra à ces travailleurs et travailleuses d'obtenir un revenu digne, et n'affectera aucunement les autres actifs-ives, puisque les conventions collectives ne vont pas être renégociées à la baisse.
Les caisses de l'Etat en sortiront également gagnantes, puisqu'elles n'auraient plus à venir en aide à des personnes qui travaillent à plein temps, mais qui perçoivent un salaire insuffisant.
Depuis quelques temps, on parle beaucoup de la prospérité économique retrouvée du canton de Vaud. N'est-il pas temps que celle-ci profite à tou-te-s, et que le travail soit rémunéré à sa juste valeur ?




Commentaires
Cher Alberto,
Je comprends tout à fait les arguments que tu invoques ci-dessus. Malheureusement, cette initiative va mener à deux grands problèmes.
- C'est un nivellement vers le bas pour les employés gagnant assez correctement leur vie car leur employeur est correct.
- Le salaire minimal à 4'000.- ne pourra jamais être respecté, le tribunal fédéral cassera le jugement, car le salaire minimal doit être autour des minimas sociaux (SMIC) c'est à dire environ 2'500.- Mettre un salaire minimum pour faire encore pire? NON
Je pense que le meilleur moyen d'aider les familles ce n'est pas de mettre des salaires minimaux (surtout dans ce cas précis), mais surtout de baisser les impôts, surtout dans un canton comme Vaud, enfer fiscal bien connu.
C'est pour ces raisons que je pense que le salaire minimum est une mauvaise solution en pratique.
Ecrit par : Fidel Petros | mercredi, mai 04, 2011
Bonsoir,
Votre présentation est très séduisante, mais quelques questions me tarabusques :
Salaire minimum veut-il dire que les CCT vont disparaîtres ? qu'en sera-t-il alors des salaires négociés, vont-ils descendres pour être aligné a ce fameux salaire ?
Le salaire minimum sera-t-il réservé exclusivement à des secteurs n'ayant pas de CCT ?
qu'en est-il de la paix du travail ? Un patron pourra-t-il déchirer une CCT ne se baser que sur le salaire mimimum ?
Si certain verront leur salaires s'amélioré les autres ne verront-ils pas leur situation se péjorer ?
Merci de vos réponses !
Ecrit par : Philippa | mercredi, mai 04, 2011
@Philippa
Je ne vois pas trop de raisons de supprimer les CCT là où elles existent.
Le salaire minimum pourrait combler le manque de CCT dans les autres domaines.
Mais attention aux fausses comparaisons. Ici, quand on parle de salaire minimum, on pense immédiatement à la France, ou c'est l'étalon des salaires versés. Mais il n'est pas question de faire un même système que le smic à la française.
Car, ce que l'on ne sait peut être pas assez, c'est que dans le système du SMIC français, il y a une part de défiscalisation des employés au Smic pour les entreprises, ce qui incite celles-ci à avoir un max de personnes au smic.
Rien de tel dans la proposition vaudoise, et c'est une énorme différence.
Quant à la paix du travail, il y a eu quelques exemples ces derniers temps, où les groupements patronaux ont remis en cause, voire casser purement et simplement, les CCT, unilatéralement, parce qu'elles ne leur convenaient plus.
Donc cela peut, et se fait déjà.
La paix du travail, en suisse, n'est que le fruit de la relative tranquillité des travailleurs, qui ne font pas grève et ne se défendent pas tellement, même si parfois il le faudrait.
Ecrit par : lefredo | jeudi, mai 05, 2011
Certes, mais je peux déjà vous garantir que si un salaire minimum est instauré, les patrons ne renouvelleront pas les CCT existantes à leur terme. Et là, les salariés riront jaunes. Leur salaire ne baissera pas pour s'aligner sur le salaire minimal, mais il n'augmentera pas (ou plus) et à terme, dans quelques années, le salaire minimal sera la base dans les branches où le personnel est le moins formé. En bref, plutôt que d'aider vraiment les salariés, cette fausse bonne idée les aura mené droit dans ce qu'elle voulait prétendument éviter.
Fidel Petros a raison. C'est sur les impôts qu'il travailler et des baisses d'impôts (et non pas des déductions sur le revenu imposable) en faveur des familles ou des bas revenus seraient beaucoup plus utiles et atteindraient le but recherché.
La paix sociale est au contraire due au fait que patrons et syndicats se mettent autour d'une table et négocient des CCT. Et rares sont les cas où un accord n'est pas trouvé en fin de compte. Et si les patrons étaient si "méchants" que vous le pensez, aucune CCT ne serait menée à terme.
Ecrit par : Pascal D. | jeudi, mai 05, 2011
Bonjour et merci pour vos messages.
Fidel : les travailleurs pauvres ne paient en général pas d'impôts, car ils n'ont pas un revenu suffisant pour être imposés. Des mesures fiscales seraient donc peu concluantes pour les aider.
Contrairement à l'initiative fédérale pour un salaire minimum, le projet vaudois ne fixe pas de montant précis. 2500 francs, c'est le minimum vital en Suisse pour une personne seule. Or là on parle de revenus devant permettre de subvenir aux besoins d'une famille...
Philippa : Heureusement, on ne peut pas supprimer une CCT du jour au lendemain. Celles-ci sont le fruit de négociations entre les représentants des employeurs et des employés, et il paraît fort peu vraisemblable qu'il y ait une baisse généralisée des salaires suite à l'introduction d'un salaire minimum. L'introduction d'un salaire minimum va faire augmenter la pouvoir d'achat des ménages les plus pauvres, ce qui aura un impact positif sur l'économie, et donc peut-être à terme aussi sur les salaires.
Enfin, les salaires minimums vont s'appliquer uniquement dans les secteurs où il n'y a pas de CCT (pour autant que les salaires pratiqués y soient inférieurs au salaire minimum) ou là où la CCT ne fixe pas de minimum salarial.
En définitive, on établit juste un plancher, qui ne gêne pas la plupart des travailleurs, mais qui permet aux plus pauvres de sortir la tête de l'eau.
Ecrit par : Alberto Mocchi | jeudi, mai 05, 2011
@ Alberto : Quand je parle d'impôts, je parle autant des impôts directs (revenu, fortune) que des impôts indirects (TVA) qui touchent tout le monde, de toute façon. Je te rappelle que c'est vous qui avez voté une hausse de la TVA, qui touche principalement le travailleur pauvre.
Mais je voudrais aussi savoir de ce que t'en dis pour ce risque de nivellement vers le bas? Il est bel et bien réel et je pense qu'il touchera bien plus de personne que ceux dont on pense améliorer les conditions de vie.
Ecrit par : Fidel Petros | jeudi, mai 05, 2011
Les salaires dans l'hôtellerie et la restauration ne sont pas ce qu'ils pourraient être. Mais c'est un fait que cette branche n'est pas rentable,pour des raisons structurelles: La fréquentation moyenne des hôtels tourne autour des 45%, alors qu'elle devrait être de 65% au moins, en moyenne nationale. Il existe une pléthore de restaurants et bistros, une tiers n'a aucune raison d'exister, selon la fédération suisse des cafetiers.
Ecrit par : J.C. Simonin | lundi, mai 09, 2011
Fidel Petros devrait se cultiver un peu avant de parler sur des sujets compliqués. Il devrait entre autre apprendre déjà qu'une commune d'Europe n'a rien à voir avec l'Union Européenne.
Ecrit par : Al | mercredi, mai 11, 2011
Si jamais, la TVA n'est pas un impôt mais une taxe.
Ecrit par : Al | mercredi, mai 11, 2011
Définir la TVA un «impôt indirect» est tout à fait correct, puisqu’un «impôt indirect» est une taxe. Mais cela ne signifie pas que toutes les taxes sont des impôts indirects. "Every biscuit is a cookie, but not every cookie is a biscuit".
Ecrit par : Aftalion | mercredi, mai 11, 2011
@ AI : Je vois que quand on a pas d'argument, on tape dans le vide.
Les panneaux communes d'Europe sont faits par l'Association Suisse des communes et régions d'Europe. qui dans sa page de description affiche clairement : " L'ASCCRE s'engage également pour resserrer les liens entre les différentes régions du pays dans un abord consensuel de la question européenne. Elle soutient la politique de rapprochement de la Suisse avec l'Europe qui s'unit (Conseil de l'Europe dont la Suisse est membre depuis 1963, Union européenne)." Je crois qu'on ne peut plus être explicite. Alors "AI" Question culture chez vous ça doit plutôt faire "aïe"...
Ecrit par : Fidel Petros | vendredi, mai 20, 2011
Vous êtes un marrant vous, l'UE n'est pas l'Europe. Premièrement en démocratie on a le droit de vouloir adhérer à l'UE sans qu'un parti nous musèle. Deuxièmement, soutenir les bilatérales (donc un rapprochement avec l'UE) c'est faire partie de 70% des vaudois et de la majorité de la population suisse. Niveau culture, j'ai peut-être beaucoup de choses à apprendre, mais au moins je sais faire la différence entre Europe et Union Européenne !
Ecrit par : Al | mercredi, octobre 12, 2011
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