mardi, août 02, 2011
Vivre et voter ici
Le 1er février 1959, les vaudois acceptaient, avec 51,3% de voix favorables, l’institution du suffrage féminin, devenant ainsi pionniers en la matière en Suisse. Le débat précédant la votation avait été houleux, et les opposants ne manquaient pas d’arguments pour soutenir que la place des femmes était au dehors des bureaux de vote, notamment parce qu’elles n’étaient pas astreintes au service militaire.
Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, et l’idée de voter sans consulter les citoyennes est aujourd’hui tout bonnement inconcevable.
Cette brève introduction historique vise à rappeler que l’élargissement du corps électoral a été un processus long et tumultueux, qui a fait passer les ayant le droit de vote de quelques milliers de nantis au début du XIXème siècle à plusieurs centaines de milliers d’hommes et de femmes de tous âges et de tous milieux.
Le 4 septembre prochain, les vaudois-es seront appelé-e-s à s'exprimer sur l'octroi du droit de vote et d'éligibilité en matière cantonale aux étrangers et étrangères établi-e-s en Suisse depuis au moins dix ans, dont au minimum trois dans le canton de Vaud.
Cette proposition audacieuse mais réaliste se situe dans la continuité des luttes menées afin que le plus grand nombre puisse s’exprimer par le biais du vote.
En effet, il paraît injuste que des personnes de nationalité étrangère établies depuis longtemps en Suisse n’aient aucun droit à participer aux processus démocratiques. Ces personnes sont en effet concernées par les décisions politiques au même titre que les citoyennes et citoyens suisses, en particulier lorsqu’il s’agit de décisions prises au niveau local et régional.
Les étrangers ont acquis en 2003 le droit de vote au niveau communal, ce qui n’a pas généré de révolutions politiques dans notre canton, mais a au contraire prouvé que de nombreuses personnes ne disposant pas du passeport à croix blanche s’intéressent à la vie politique locale, et sont prêtes à s’engager pour la communauté.
On disait avant 2003, et on dit parfois encore aujourd’hui, que si les étrangers veulent voter, ils n’ont qu’à se naturaliser. Or on oublie un peu facilement que le droit suisse de la naturalisation est l’un des plus restrictifs d’Europe, que de nombreux Etats refusent la double nationalité, et que certaines personnes ne souhaitent pas faire les démarches en vue d’acquérir la nationalité, pour des motifs personnels qui peuvent être parfaitement respectables. Il est par ailleurs intéressant de constater que les milieux politiques qui aujourd’hui vantent les mérites de la naturalisation sont les mêmes qui n’ont eu cesse de l’attaquer dans un passé très récent.
50 ans après avoir été les premiers confédérés à accorder le droit de vote et d’éligibilité aux femmes, les vaudoises et les vaudois ont la possibilité d’être encore une fois précurseurs, en accordant ces mêmes droits aux étrangères et aux étrangers établis depuis longtemps dans notre pays et notre canton. Se montreront-ils aussi clairvoyants qu’en 1959 ? Espérons-le !




Commentaires
Cette initiative est un danger, pires, elle défendue par de supposé "écologistes" (avide de pouvoir) mais en réalité les "Vrais" écologistes voteront contre ! Cette initiative va promouvoir la croissance absolue qui est contraire au développement durable. Ce genre d'initiative va accroître l'intérêt pour notre pays et contribuer à développer les "Energivores" contraire à la suppression du nucléaire. Afin que notre pays ne devienne pas une ville bétonnée de Genève au Lac de constance, pour une maîtrise de la démographie et une réduction de la consommation d'énergie nous devons rendre notre pays moins attractif, faire descendre le nombre total d'habitants à celui des années 70 limiter l'expension des villes. Pour cela, les "vrais" écologistes recommandent de voter NON ! Les surfeurs d'idées comme vous ne sont que des profiteurs de la vague écologiste !
Ecrit par : Régis | mercredi, août 03, 2011
Bonjour,
Merci pour votre message, qui me laisse cependant quelque peu pantois... Je ne vois en effet pas en quoi l'octroi du droit de vote à des personnes installées en Suisse depuis de nombreuses années participe au bétonnage du Plateau. La croissance démographique (qui, je le répète, n'a rien à voir avec le droit de vote !) n'est pas synonyme de destruction des paysages et des zones rurales pour autant qu'elle soit intelligemment gérée, et qu'on privilégie la densification urbaine à la construction de villas en rase campagne.
J'aimerais également comprendre qui sont ces "vrais" écologistes dont vous parlez, puisque les Verts vaudois ont approuvé à l'unanimité le soutien à cette initiative (tout comme ils soutiennent d'ailleurs l'initiative pour le paysage...).
Ecrit par : Alberto Mocchi | mercredi, août 03, 2011
En effet, quel mystérieux message… Je me serais attendu à plus de fautes d'orthographe, vu son propos bancal.
Ecrit par : Yannick Rochat | jeudi, août 04, 2011
Je reste de l'opinion que l'abolition des frontières nationales est un choix meilleur.
Ecrit par : Karl | mercredi, août 10, 2011
J'ai voté non.
Ecrit par : pensif | lundi, août 15, 2011
Les propos de Régis ne sont à mon avis pas si bancals que cela, car je suis d'avis qu'en donnant le droit de vote aux étrangers ceux-ci voteront en grande majorité en faveur de l'immigration du simple fait que ceux-ci en sont issus. Donc augmentation de la population par l'immigration devenue incontrôlable pour les Suisse faisant face au poids démocratique de tous ces nouveaux venus.
"l'abolition des frontières est un choix meilleur" mais bien sûr et tout les humains feront une chaine autour de la terre. S'il vous plait cessez d'être naïf bon sang. Vous savez qu'on est privilégiés en Suisse et que cette richesse acquise l'a été par de durs labeurs. Tout le tiers monde donnerait sa vie pour venir ici. Par conséquent il nous faut du protectionnisme. En Chine pour ne citer qu'eux on ne peut pas acheter d'immobilier sans avoir le passeport. Eux ont compris qu'une culture, un pays, un peuple ça se protège. Vous voulez du multicuturalisme allez aux Etats-unis et arrêter de vouloir détruire les Suisses qui ont encore une fierté.
Ecrit par : Clément | mercredi, août 17, 2011
Je vous rappelle quand même que la politique migratoire est gérée par la Confédération, et non par les cantons. Quant à la culture, elle ne se transmet pas par les gènes. Comme vous pouvez le constater, mon patronyme n'est pas précisément originaire de l'ancien district d'Oron... Pourtant, je parle avec un accent vaudois parfois plutôt prononcé, et je connais les us et coutumes du pays qui a fini par devenir le mien. Je n'en reste pas moins attaché à mes origines.
Tout cela pour dire qu'offrir le droit de vote aux ressortissants étrangers, c'est leur offrir une possibilité d'intégration supplémentaire, et non pas un bradage de l'identité suisse ou vaudoise.
Ecrit par : Alberto Mocchi | mercredi, août 17, 2011
Monsieur Mocchi, je partage en partie vos points de vue.
Néanmoins, je pense qu'il n'est pas exagéré de demander à des personnes de faire le pas de la naturalisation pour avoir les droits visé par l'initiative. Certains doivent en accepter les conséquences (perte de sa nationalité). Il n'est pas admissible, selon moi, que devions tenir compte des législations particulières des pays d'où ces personnes sont originaires.
Par ailleurs Monsieur Mocchi, parler avec l'accent du lieu de résidence est certes un bon baromètre pour mesurer l'intégration, ce n'est de loin pas une vérité absolue. Cela signifie seulement que vous avez appris la langue du lieu à moins de 20 ans. Après 20 ans, l'accent de votre langue maternelle subsiste, à quelques très rares exception, votre vie. Cela ne veut pas dire que vous ne pouvez vous intégrer.
Ecrit par : prêt-à-vous croire | jeudi, août 18, 2011
@Alberto Mocchi
Vous avez tout a fait raison quand à la politique migratoire, cependant cette initiative à été lancée par votre parti (les verts) et me semble-t-il que votre parti est assez ouvert sur le thème migratoire. Mais je m'égard ceci n'étant pas l'objet du vote l'objet du vote.
"Tout cela pour dire qu'offrir le droit de vote aux ressortissants étrangers, c'est leur offrir une possibilité d'intégration supplémentaire, et non pas un bradage de l'identité suisse ou vaudoise."
A long terme oui. Imaginez que 1 million de chinois (pris au hasard) viennent habiter dix ans dans le canton de Vaud. Qu'est-ce qui pourrait les en empêcher? Ils auront le droit de vote et pourront s'élire entre eux et faire passer les lois qu'ils veulent. Ce que je veux dire c'est que ça n'est pas normal de donner des droits aussi important à des gens qui n'ont rien démontré pour les obtenir, si ce n'est habiter sur le territoire. De plus c'est la porte ouverte à toutes sortes d'autres initiatives du genre. On à commencé par leur donner le droit de vote au niveau communal, maintenant on le veux au niveau cantonal et après quoi au niveau national?
Donnons le droit de vote aux gens qui ont vraiment fait preuve d'une volonté d'intégration et ceci passant nécessairement par l'acquisition de la nationalité suisse.
Désolé Mr Mocchi mais je ne comprend absolument pas votre opinion, ainsi que celle de ceux qui vous soutiennent.
Ecrit par : Clément | vendredi, août 19, 2011
D'un point de vue strictement libéral, si tu payes les taxes ici — et depuis 10 ans en plus — tu dois avoir le droit de voter ici, it's the good old «No taxation without representation». L'état n’a pas le droit de te piquer de l'argent, si tu n’es pas représenté à niveau politique.
Le concept de Culture est trop vague pour être utilisé dans le débat politique. L’état n’est là que pour nous fournir de services, rien de plus.
Ecrit par : Ludwig | lundi, août 22, 2011
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