mardi, janvier 24, 2012

Nous vivons tou-te-s à crédit

On parle beaucoup depuis quelques temps du surendettement des États, condamnable car non viable à long terme. Les économistes orthodoxes n'ont cesse de nous répéter qu'une collectivité publique, soit-elle une commune de quelques centaines d'habitants ou une superpuissance comme les États Unis d'Amérique, ne doit pas sur le long terme dépenser plus de ressources qu'elle n'en engrange, faute de quoi elle sera étranglée par la dette, ne pourra plus emprunter et se verra contrante à réduire drastiquement son train de vie, privant la population de services vitaux.

Ces dires peuvent certes être contestés dans certains cas de figure, notamment lorsque, comme dans notre pays ou canton, on engrange des milliards sans investir dans des domaines essentiels, et ce pour résorber une dette pourtant maîtrisée, mais les exemples de la Grèce, de l'Italie ou de certains États américains sont formels : un pays doit maîtriser sa dette et veiller à ne pas vivre au dessus de ses moyens s'il veut assurer sa stabilité et un avenir à ses citoyen-ne-s.

Le paradoxe, c'est que les mêmes économistes qui mettent en garde contre le surendettement  ne jurent souvent que par une croissance économique basée sur une constante augmentation de la production de biens, passant par la création de nouveaux besoins, l'obsolescence programmée des produits et j'en passe.

Ils oubient que  ce faisant c'est l'humanité toute entière qui s'endette, hypothéquant l'avenir des générations futures. L'empreinte écologique globale (demande exercée par les hommes envers les "services écologiques" tels que l'eau, les terres arables, les matières premières etc. fournis par la nature) de l'humanité est en effet supérieure à 1, et nous consommons donc plus que ce que la Planète ne peut nous offrir. Nous privons ainsi les générations futures de ressources et nous endettons vis à vis d'elles et de la nature. Si tout le monde vivait comme une habitant-e de notre pays, nous aurions besoin de trois planètes pour subvenir de manière durable aux besoins de l'humanité. Autant dire que cela n'est pas viable ou possible à long terme.

Il urge donc d'arrêter de consommer à crédit les ressources de notre planète, faute de quoi nos enfants auront à payer des intérêts bien plus salés que ceux auxquels doivent faire face aujourd'hui la Grèce ou l'Italie...

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